Au grenier, l'entrée !
le petit palier du grenier, qui dessert la chambre/cabinet de curiosités à gauche
il y a une sous-pente à gauche en entrant, juste avant le grand grenier
j'y ai mis les armoires en plastique
le sol du passage était tellement abimé qu'il faisait peur, j'y ai mis une vieille porte trouvée là
ainsi on marche dessus sans peser sur le vieux torchis
Mer de nuages
le 3 juillet il y a eu un curieux phénomène sur le golfe du Lavandou
depuis la terrasse on a vu arriver du large un épais brouillard
il a tout englouti, la mer, les bateaux, les plages, et effacé l'horizon
ensuite il s'est tassé pour former une mer de nuages comme on peut en voir en montage ou depuis un avion
seuls apparaissaient les reliefs des îles et du cap, et il a fini par glisser entre les collines de l'arrière-pays
et disparaître
Les lauriers du balcon
surprise : la bouture de laurier rose était celle d'un laurier blanc !
j'espère qu'il sentira aussi bon que la plante mère, car ce fut mon critère de choix quand j'ai coupé quelques branches
il y a 2 ans dans les lauriers bordant la route de Saint-Clair au Lavandou en attendant ma pizza aux rougets
quant au vieux qui se remet doucement de son coup de gel d'il y a quelques hivers, il commence à donner
Au rond des natales
le sapin tombé a été débité et engrangé sous le préau
le rond planté de plantes sauvages est maintenant dégagé et n'a étonnamment pas souffert
orpins, euphorbes, fougères, rosier sauvage, ifs taillés, bruyères, tout vient de la forêt
après les coucous, il y a maintenant des sceaux de Salomon
des jacinthes sauvages
les fougères déroulent leurs crosses
19 /24) Jon Eric Riis
Comme moi, cet artiste est invité à participer à la Biennale Textile de Risjwijck de mai à septembre 2017.
Jon Eric Riis [USA]
Il maîtrise parfaitement son affaire, et son affaire est la tapisserie. Une tapisserie somptueuse.
C'est virtuose, nickel, fort. Techniquement parfait. Une rigueur qui n'empêche ni modernité ni audace.
On peut trouver tout d'abord classiques ses séduisantes icônes inspirées des mythologie antiques, avant de découvrir toute la splendeur et l'ironie de certaines de ses propositions.
Voilà des sujets politiques ou sociaux tissés en majesté, où beauté classique et ironie s'enchantent dans des narrations intelligentes.
Il tisse aussi des pièces en volumes, des sculptures raffinées et surprenantes.
Et d'étonnants kimonos qui jouent de l'extérieur et de l'intérieur, et révèlent dans leur doublure des motifs sarcastiques qui viennent compléter les motifs de leur surface.
Un travail précieux, des couleurs profondes, de l'or et des perles.
Esthétique et esprit.
13 /24) Karoline H Larsen
Comme moi, cette artiste est invitée à participer à la Biennale Textile de Risjwijck de mai à septembre 2017.
Karoline H Larsenaroline H Larsen [Danemark]
Elle investit des lieux publiques pour des performances où elle invite les passants à tendre des ficelles colorées pour redécouvrir leur espace. Depuis l'installation arachnéenne jusqu'à la création de véritables cordages porteurs pour jouer avec, grimper, changer son rapport au lieu.
Parfois graffiti textile aérien. Parfois délire de filaments multicolores brouillant tous les repères. Parfois construction sculpturale structurée.
Ses créations collectives proposent l'expérience créative et gaie d'une liberté proche de celle des jeux d'enfants.
Avec un impact sur sa relation à l'espace, au corps, au risque, à la liberté, au partage, à la désobéissance, à l'audace...
Car il s'agit d'une manière de prise de pouvoir de l'individu sur le lieu public pour en faire un terrain de jeux propice à l'échange.
Un joyeux détournement.
De passif, le passant devient actif, acteur. Et artiste parmi d'autres artistes.
12 /24) Rieko Koga
Comme moi, cette artiste est invitée à participer à la Biennale Textile de Risjwijck de mai à septembre 2017.
Rieko Koga [France/Japon]
Elle est une brodeuse subtile qui cartographie point à point un univers d'équilibre et de déséquilibre.
Elle déploie un acharnement tranquille à broder sans cesse comme des mantras entêtants, à tourner, jusqu'à saturer parfois à force de points en fil noir. Des moyens humbles, un minimal cultivé, du noir et du blanc parfois visités de couleurs.
Une philosophie de la finesse, une poésie de l'irrégulier, un chant de l'imparfait : c'est une broderie qu'on sent spirituelle.
Avec un simple fil pour relier son esprit à son ouvrage, elle se lance dans une broderie spontanée comme écriture automatique. Où le plaisir du texte surgit souvent, où la répétition a son sens et sa force. C'est sa respiration.
Et on peut avoir une impression de dépouillé devant des broderies pourtant saturées de signes, qui dessinent une cosmographie magique autour d'un soleil noir.
7 /24) Nigel Hurlstone
Comme moi, cet artiste est invité à participer à la Biennale Textile de Risjwijck de mai à septembre 2017.
Nigel Hurlstone [Angleterre]
Il pique à la machine des agrandissements de vieilles photos d'hommes habillés avec recherche et posant, dans un espace intemporel, indéfini. Point répété, répété, répété. Un pluie de points.
La répétition des points brouille l'image et imprègne d'une certaine étrangeté ces poses, jusqu'à les faire devenir inquiétantes à travers le moiré obtenu. Bruine, brouillard, brouillage.
Le masculin et le vêtement jusqu'à la parade. Panoplie, pose : on est dans un petit théâtre où l'apparence est un jeu bizarre.
Chacun est tenté de projeter son film sur l'écran que l'artiste tend entre ces poseurs et nous.
On entendrait alors le bruit répété de la machine qui perce et tire le fil, comme le bruit d'un projecteur de cinéma.
6 /24) Jenni Dutton
Comme moi, cette artiste est invitée à participer à la Biennale Textile de Risjwijck de mai à septembre 2017.
Jenni Dutton [Angleterre]
Son travail est d'observation, d'imprégnation et de compassion.
Curieuse du rapport du vêtement au corps, à la fois seconde peau et protection fragile, elle observe leur mimétisme ou leur usure mutuelle. Ce que le textile porte en lui de la mémoire du corps. Donc de son altération fatale.
L'usure de l'étoffe, celle de la peau humaine aussi (et au-delà, celle de la personnalité), écrivent une histoire qui l'absorbe.
Le temps qui passe, la vie qui s'abime, lui donnent la matière des grands portraits brodés de sa mère qui sombre dans la sénilité.
Le fil délicat épouse les traits, les plaies. Il dépeint les rides, les affaissements, les grimaces que le temps et la maladie imposent.
Point répétés sur tulle léger et coloris fins décrivent les dégradations de la maladie. Une observation sans compromis, mais dite avec une délicatesse paradoxale. Avec l'espoir de retenir dans les fils de la fille quelque chose de la femme que fut la mère.
Un travail qui accompagna mère et fille dans cet étrange temps des confusions. Jusqu'à la fin.
5 /24) Renato Rib
Comme moi, cet artiste est invité à participer à la Biennale Textile de Risjwijck de mai à septembre 2017.
Renato Rib [Brésil]
Il peint, coud, noue, rembourre, lie, teint, détourne, crochète, emperle avec générosité et ravissement.
Il ne connaît aucune limite pour nourrir une production exubérante, anatomie ou charcuterie façon Peau d'âne, jardin des délices mêlant l'organique au floral, et le végétal aux salaisons.
Car l'intérieur du corps fantasmé est un jardin d'abondance, un paysage riche, le théâtre d'une profusion viscérale absorbante.
A l'écoute de ses sensations et de ses émotions intimes, l'artiste revendique le plaisir de couper, colorer, assembler, orner, pour donner corps à ses explorations gourmandes.
Avec une prédilection pour les teintes rouge et or, jusqu'au brun du sang séché.
2/24) Maryam Ashkanian
Comme moi, cette artiste est invitée à participer à la Biennale Textile de Risjwijck de mai à septembre 2017.
Maryam Ashkanian [Iran]
Elle coud, enfle et contraint les étoffes.
Ses peaux tendues animales ou corps cosmiques affichent leurs belles frontalités avec le cran des anatomies sublimées.
C'est que coutures et boursouflures offrent des reliefs intimes à ses volumes vulvaires.
Univers troublant où le dormeur se confond à l'oreiller sur lequel il rêve et où la couleur, quand elle intervient, est profonde comme celle d'une mer sans fond.
4 /24) Susanna Bauer
Comme moi, cette artiste est invitée à participer à la Biennale Textile de Risjwijck de mai à septembre 2017.
Susanna Bauer [Angleterre]
Elle crochète avec une minutie extrême des pierres, feuilles et petits branchages.
Et propose une poétique de jeux raffinés de géométrie sur des supports délicats.
C'est assurément une performance, un défi lancé à la fragilité, et relevé avec grâce et rigueur.
On frémit en imaginant la tension pendant la réalisation, puis on admire sa netteté, et la précision de ce travail sur une matière fragile qui peut se refuser, craquer sous la contrainte imposée, si l'artiste ne met pas un infini respect dans son patient crochetage.
C'est un travail qui exige une immense modestie devant les choses trouvées de la nature. Minimal et ludique, modeste et ambitieux, exigeant.
Du grand dans le minuscule.
1 et 2 /24) Karina N. Presttun et Kristina D. Aas
Comme moi, ces artistes sont invitées à participer à la Biennale Textile de Risjwijck de mai à septembre 2017.
Karina N. Presttun and Kristina D. Aas [Norvège]
Elles se sont associées pour créer ensemble des oeuvres fortes, d'images et de fils, confrontant les 2 dimensions à la 3e, donnant une présence physique aux images. C'est intrigant, envoûtant.
On y devine souvent des questions de genre, on s'y travestit, on s'y cache partiellement comme on s'y révèle.
C'est subtil, ce sont de fines coloristes et d'habiles joueuses qui croisent les modernités pour explorer des champs où le tactile est lié au visuel tout en laissant chacun jouer sa partition.
http://www.karinapresttun.no/
http://www.kristina-aas.com/
Les foulées charentonnaises
cette année des bus barrent la rue de Paris pour protéger le grande course annuelle de Charenton
rue transformée en immense piste
j'ai raté la course mais les arrivées continuent de se succéder à l'arrière de l'immeuble
les participants sont invités à aller se ravitailler dans le marché couvert
puis à monter dans les salles de réceptions pour les remises de prix
et comme chaque année je suis admirative de l'animation chaleureuse et concernée
de ce grand type tout seul avec son micro : il est formidable !
et je ne lui en veux même pas de m'avoir réveillée
Anne Dangar à Valence
Encore quelques jours pour profiter de la très belle exposition que le Musée de Valence consacre à la céramiste Anne Dangar.
L'itinéraire âpre d'une australienne que la passion de la terre cuite a retenue au bord du Rhône.
Je conseille vivement la visite guidée qui illumine le parcours singulier et l'approche de 2 communautés d'artistes, celle d'André Lhote à Mirmande dans la Drôme, et celle d'Albert Gleizes, Moly-Sabata, à Sablons en Isère.
Si les céramiques d'Anne Dangar ne me séduisent pas plus que ça, la céramiste en revanche m'a touchée. Son courage, son opiniâtreté, et une forme de tragique dans sa relation avec Gleizes.
Rats des ville et rats des champs
en ce moment je vois des rats ça et là dans le bois de Vincennes
mais cette semaine, c'est autour de la tour saint Jacques que j'en ai vu le plus, au centre de Paris
le square fermé, ils sortent en quantité des bosquets, courent dans les allées, se croisent, se rassemblent
se risquent sur le trottoir pour saisir une miette, des gros, des moyens, des petits, gris, le museau pointu
le bon vieux rat historique de la ville de Paris : hallucinant !
PAD 2016 a)
J'ai fait ma visite au Pavillon des Arts et du Design sous des trombes d'eau.
Était-ce pour ça qu'il n'y avait pas grand monde ?
Sous les structures la pluie faisait un ramdam sinistre.
Pour la 1ère fois je n'ai pas trouvé d'invitation et j'ai du payer mon entrée 20 euros. Or j'ai trouvé la session 2016 très moyenne. Pas très emballée par les mises en scène.
Où sont les décors oniriques, classes et audacieux dont je garde le souvenir ?
Récup
dans la forêt on a fait un gros tas au milieu du sentier pour avoir de quoi boucher ses trous
ce sont les restes d'un refuge de chasseurs qui a brûlé et qui vont être étendus
en attendant d'en découvrir alors d'autres, j'ai déjà récupéré quelques belles tomettes anciennes
j'ai récupéré aussi un énorme cadenas et un crochet de boucher
Alice et Amélie
lundi je découvrais une petite porte rose au pied d'un arbre du bois
et je pensais à Alice au pays des merveilles entrant dans le terrier du lapin blanc
mercredi des coquillages avaient été ajouté au décor, "Alice" était revenue jouer !
j'ai pensé alors faire une petite surprise à la fillette et aujourd'hui je suis partie promener Titus
avec 2 petites mains en mousse à déposer devant la petite porte
or, voilà qu'un personnage playmo montait déjà la garde devant la porte !
était-ce Alice qui poursuit son jeu ?
ou bien, une autre Amélie Poulain était-elle passée avant moi ?
vendredi 1er avril, tout est chamboulé, il faut dire qu'il a tellement plu !
j'ai retrouvé une de mes mains non loin, le personnage est parti (est-il entré dans l'arbre ?)
et on a disposé des bâtons
Saint Laurent du Pape
petite boîte avec couvercle à bouton en forme d'oiseau, marqué SLP pour Saint Laurent du Pape
vase à motifs de papillons et de branches fleuries
marqué R. Géry sur le côté et Saint Laurent du Pape sur le dessous
de Robert Géry, potier qui s'installe en 1920 dans ce village de la vallée de l'Eyrieux, en Ardèche
"Créée en 1815, la Poterie Gery se spécialise dans la fabrication d’articles culinaires et de vaisselle. C’est en 1968 que la fabrication se diversifie vers la poterie horticole."
"Air de jeux"
Les 10 vitrines du Bon Marché investies par Ai Weiwei, comme 10 scènes de théâtre, 10 pages d'une autobiographie mêlée des histoires de l'art et de la Chine.
C'est fastueux et délicat. Séduisant et intelligent.
Mes photos ne peuvent, bien entendu, pas rendre la richesse des installations de bambou et de papier de son "Air de jeux".
Il faisait beau cet après-midi, les reflets ont tué mes pauvres tentatives pour mettre en boîte, pour garder une trace, de toutes ces splendeurs.
J'étais comme fillette devant des vitrines de noël.
J'y retournerai en nocturne.
Weiwei
Comme souvent, je me bouge sur le tard : Weiewei au Bon Marché ce sera fini samedi soir ! Or c'est MERVEILLEUX.
Les esprits volants sous les verrières du magasin : écrin et bijoux parfaitement raccords !
Mais le top du top, ce sont les vitrines. Là, Weiwei conjugue son histoire à lui avec les mythologies.
C'est inventif, poétique, émouvant, fort, beau, riche
Quand Art et Amitié vont de paire
"Ici Montreuil" accueille l'exposition "A War" de Virginie Rochetti jusqu'au 5 mars, 135 bd Chanzy (Métro Robespierre).
Un beau lieu pour présenter les œuvres de Virginie (à midi on peut y profiter d'un restaurant très sympa).
Son travail islandais autour de la pêche, de la sauvegarde de la nature et des baleines.
Un travail plus récent sur guerres et guéguerres, sur fond de nature en danger.
Dessins et broderies machine. Avec une nouvelle technique au rendu magnifique, depuis des noirs d'encre absorbeurs de lumière jusqu'à de subtils grisés faits par la danse du fil.
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