Je suis allée au Musée d’Art Moderne pour voir les Basquiat.
Arrivée par les quais j'ai été frappée par l’état pitoyable du Palais de Tokyo :
poubelles dégorgeant de bouteilles, odeurs de pisse, statues graffitées,
jardinières en friche, palissades condamnant l’aile ouest...
Un beau bâtiment dans un bel endroit, devenu d’une tristesse poignante.

Passant outre la nausée provoquée par ce premier abord,
j’en ai profité pour aller voir la collection permanente que je ne connaissais pas.
Bonne surprise : c’est gratuit !
Mais une verrière sale et encombrée, des culs de sac partout
un choix d’accrochage curieux, des salles fermées,
des gardiens qui sentent le pâté...
Désolant.
Or, dans cet écrin sordide : des émotions, des découvertes, des chefs d’œuvres.


Léonard Foujita, le japonais qui n'a pas peur des poils !

Klein, pas Klein

L'inénarrable famille tyrolienne de Jean Fautrier ! (1922)
Faisant une nouvelle fois marche arrière dans le méandre malcommode,
j’arrive au moment ou une gardienne fatiguée revient de sa pause déjeuner
et rouvre une salle pleine de magnifiques Étienne Martin (offerts par L’Oréal).
Je suis fan d'Étienne Martin et prends mon plaisir malgré les plaintes de la gardienne et du pompier.


Au sous-sol, une enfilade de 3 salles occupées par Christian Boltanski
achève de démoraliser le visiteur le plus vaillant.
Heureusement, l’immense installation vidéo d’Inci Eviner (artiste turque invitée)
qui partage ce sous-sol est stimulante et requinque
avec ses jambettes et ses chiens qui s’agitent au rythme d’une musique prenante.


En sortant de la collection permanente qui sommeille dans sa poussière,
on est surpris par le monde qui attend pour voir les Basquiat (en ignorant le musée).
J’en avais assez dans les yeux et les pieds ; je suis repartie sans avoir vu l’expo.
Mais je conseille le musée qui est à découvrir (et à restaurer !) .
Triste, tranquille, mal foutu, exceptionnel, comme un navire échoué là après un temps plus glorieux.

Le saut dans le vide, de Klein (1960)