Amen !

Si ! Après des années sans floraison,
les cyclamens de Naples* se sont donnés le mot pour enfin faire jaillir tous ensemble
leurs ravissantes fleurs sous les thuyas des anciens cabinets.
*toujours protégés par mes cloches en grillage
J’espère maintenant qu’ils vont coloniser tout mon petit sous-bois
parce qu’à part eux, qui supporterait de pareilles conditions de vie ?
Du monde au balcon
Cet hiver, le froid vif et prolongé a anéanti quasiment toutes mes succulentes
mal protégées par la serre de balcon,
bien que j’ai doublé le plastique de celle-ci par une housse cousue dans du voile d’hivernage.
Tous ces petits pots à arroser l’été et à rentrer l’hiver, j’en avais soupé.
Tout ça pour les retrouver dévastés ce printemps...
Je me suis consolée en installant deux grandes balconnières
plantées de vivaces variées censées résister à l'hiver comme à l'été
(avec comme prise de risque un laurier rose pour le plaisir).

Nous profitons maintenant de la vue sur deux petits jardins paysagés comme des grands.
J’ai mis longtemps à trouver la jardinière idéale.
Je la voulais spacieuse, haute mais légère.
Je n’aurais pas cru opter pour le plastique.
Pourtant, sa légèreté m’a convaincue, son format me convenait,
comme son aspect, ainsi que sa réserve d'eau évitant les débords.
Il s’agit d’une coque doublée, épaisse, ondulée et granuleuse façon ciment.
Affreusement chères toutes ces balconnières !
J’ai bénéficié d’une erreur d’étiquetage et au lieu de 105 euros je les ai payées 85 chacune,
mais c’est un vrai budget que viennent alourdir terreau et plantes.
L'opportuniste
"Le rat et la grenouille"
FABLE 
Un malheureux rat étant mort, étendu au bord de l'eau
Une grenouille fort ronde à son côté, mon attention attira.
Le veille-t-elle ? Le pleure-t-elle ? Quel touchant tableau.
Que nenni. Foin du charabia.
Lorsque d'un élan rapide et élastique
Je la vis vers lui bondir et déglutir illic'
je compris qu'opportuniste, le batracien malin profitait
des bonnes mouches que la mort, pour lui, attirait.
a) pardon M. de La Fontaine pour cette fable de guingois
b) voyez ces deux mouches encore vives sur le dos du rat
Tout simplement
J’aime les couleurs et les motifs forts en gueule ne me font pas peur.
Pourtant, pour le pur thé du matin, je recherche la pureté.
Et j’ai mis longtemps à trouver le bol parfait.
Il est en porcelaine, il s’appelle Arum et il est chez Habitat.
Au royaume des bols lourdauds, j’en apprécie la simplicité, la finesse et la légèreté.
Coquillages et crustacés
Il existe le pire dans le genre assiettes de restaurant de poisson.
Cependant, celles estampillées “Céramiques d’Art Lamarche”
montrent une telle finesse de réalisation qu’on ne peut qu’admirer
poissons de roche, homards, étoiles et moules qui les ornent.
Modeste successeur de Bernard Palissy côté cuisine monégasque,
Lamarche est un potier qui ne se moque pas du client : il chiade son décor.
C'est du temps passé, un vrai coup de pinceau, et ça crée la différence.
Plateau vannerie ou assiette noire : brocantes.
Bouquet archi sec
Branchages blanchis par le soleil du midi tels des ossements par le désert...

...pour composition sèche à l'épreuve du feu solaire qui dévore le balcon
qui, malgré son étroitesse, prolonge le séjour et l'ouvre sur le ciel.
(une attache à la rambarde sécurise les poteries en cas de coup de vent)
(poteries chinées et trouvailles glanées dans la nature, disque de pierre sculpté maison)
Vénale harpie
Mon curieux bougeoir à corps d'oiseau et visage humain boîte
si je ne glisse pas deux piécettes sous sa patte architecturale.
(Emmaüs, Marseille, pour changer)
Les harpies sont des divinités de la dévastation et de la vengeance divine.
Plus rapides que le vent, invulnérables, caquetantes,
elles dévorent tout sur leur passage, ne laissant que leurs excréments.
(wikipédia)
Sous verre
Déversés sans façon dans un grand bocal,
coquilles, graines, cailloux, bois et autres modestes ramassages
se bousculent dans un fatras de carton cisaillé
(récupéré dans un colis où il servait de tampon)
tandis qu’un coquillage (ramassé) se love dans une coupelle de corne noire (Emmaüs)
protégé par une petite cloche de verre (brocante).
Trouvée sur une plage de Martinique, une tête de murène en bois flotté.
Tiges courtes
Différents narcisses du jardin dans un vase de Jacques Blin.
Jacques Blin (1920-1995) fut ingénieur dans l’aéronautique
avant de devenir un céramiste original.
Le succès de ses premiers pieds de lampe le confirmant
dans sa nouvelle activité, elle deviendra vite une passion.
Son style est très reconnaissable : un engobe blanc, gris bleuté, ou olive,
graffité d’un dessin incisif gravé et oxydé.
Des motifs graphiques ou des animaux stylisés façon shadoks,
des personnages primitifs pleins de fantaisie.
(17 cm, ebay)
Mignons cupidons
Les dodus triplés de mon enfance et leur grand cousin trouvé en brocante
ont donc une identité !
Et une histoire.
Et une grande famille, aux Etats-Unis
(et non au Japon comme l’origine de leur fabrication me l’avait fait croire)
où ils sont nés en 1909 sous le crayon de Rose O'Neill,
une illustratrice à qui ils ont apporté gloire et fortune.
Elle créa une bande dessinée pour un journal féminin mettant en scène
un angelot joufflu si craquant que le succès et le merchandising furent inouïs.
“Kewpie” est le dérivé mignon de Cupidon.
Rose O'Neill
Arceaux pas sots
Après les buses redressées façon piliers, les fers à béton arqués façon arceaux.
Nous avons arqué (à grand peine) 3 fers doubles de 6 m chacun
afin de supporter élégamment le chèvrefeuille en formant des arcs de verdure
pour passer dans les deux allées qui contournent le massif nouvellement composé.
Une nouvelle allée part de notre allée historique entre l’arbre à la cabane perchée
et le massif de thuyas qui dissimule les vieux cabinets.
Elle se partage sous les arceaux pour contourner le nouveau massif,
à gauche vers les deux buses dressées et plantées d’ifs que je compte tailler
(avec ma sculpture en bout de parcours),
à droite le long d’une barrière bricolée avec des branches négligées par les forestiers.
(Les deux allées rejoignant le passage ménagé pour la taille des haies)
Ainsi ce coin ingrat du terrain (d’où on aperçoit la ferme voisine)
acquière une structure (et du sens) qui le rend accessible à la promenade
et en fait un endroit du jardin enfin intéressant à visiter.
Reste à maçonner une muret sur la gauche pour pouvoir s’y assoir,
puisqu’il ne pousse rien sous l’arbre.
Bestiaire d’hier
Le chien le plus glamour des années 50-60,
celui que Jane Mansfield devait promener au bout d’une laisse en strass :
le caniche, forcément toiletté pompon
(coupes Lion Anglaise, Lion Continentale, Lion Américaine, Puppy...).
Il est l’animal emblématique des ces années-là,
décliné en céramique, porte-thermomètre ou porte-couteaux,
crocheté autour d’un flacon, serti en broches...


L’agneau pour la tendresse et le cygne pour l'élégance
font aussi partie de ce bestiaire vintage.
Le petit caniche noir assis et l'agneau moyen ont été mes jouets, j'ai chiné les autres.
Résurrection

J'ai rapporté de la campagne une superbe touffe de pissenlit.
Si belle que j'ai voulu y piquer des muscaris dans un épais vase en verre cannelé.
Malheureusement, l'herbe sauvage a molli, flapi. Un échec.
Pourtant, de nouvelles feuilles n'ont pas tardé à se dresser depuis son cœur
avec quelques boutons qui ont fleuri, vaillants petits soleils.
Une fleur dans ma cuisine
Miroir seventeen encadré d’une céramique en forme de fleur naïve (ebay),
paréos frangés détournés en rideaux,
chaise italienne Bunny (BHV) au plastique à la souplesse si confortable,
porte-fruits en bois articulé (Emmaüs).
(La porte vitrée se trouvait à l’entrée du couloir que nous avons fait disparaître
et je me félicite de lui avoir aussitôt fait remplacer celle obturante de la cuisine.)
Location saisonnière
En empilant mes pots j’en ai trouvé qui avaient un trou vraiment considérable.
Me rappelant qu’on pouvait en faire des nichoirs, je les ai percé
pour passer un fil de fer afin de les accrocher à la façade sud de l’atelier.
Et j’ai fiché à leur côté quelques tiges métalliques comme perchoirs.
J’attends maintenant des locataires.
(Depuis la fenêtre de la cuisine d'où je jette nos miettes.)
La bonne aventure
Chevet dédié à une chiromancie (merci à Sabg de m’avoir soufflé ce terme) de fantaisie
dans la chambre rouge où s’entrelacent lignes de vie et de nuit.
Cadre et tête de lit (pitchpin) du grenier, chevet ancien et chaise vintage de la maison
dessus-de-lit crocheté et lampe chinés,
couvre-pieds et coussins façon piqué achetés neufs (si !).
Main et main-tableau créées maison.
Modulo
sculpture
Ca n’est pas un objet facile à photographier à cause des reliefs et des reflets.
Toutefois, pour répondre à la demande de Ribambins dans son commentaire,
j’ai tenté un agrandissement mais je n’ai pas su le faire passer sinon en 3 parties :
Cadre-"phalanges" et cendrier-main chinés,
épingles et dés familiaux, galet-œuf ramassé, boîtier bricolé, carton rouge et ficelle.
Des bois dans les bois
C’est la saison des mues chez les cerfs.
Je fouille fébrilement les alentours espérant découvrir l’autre bois,
celui qui déséquilibre l’animal qui cherche alors à le faire tomber à son tour.
Mais sans succès.
J’en ai trouvé deux beaux et beaucoup de vieux à moitié rongés.
Les beaux s'enlacent sur la fenêtre haute du séjour
tandis que les vilains s'accrochent à la façade du fournil.
So long Pipo !
Je pense qu’il est grand temps de dire adieu à notre ami Pipo :
http://henriettel.canalblog.com/archives/2008/11/18/11406161.html
Henri m’a fait remarquer avec une moue accusatrice
la nuée de moucherons qui est apparue au salon
depuis que Pipo y joue les têtes réduites dans un grand bocal.
Il me manquera.
Le prince de Sansevero
Le Sansevieria tient son nom d’un aristocrate italien du XVIIIe
Raimondo di Sangro, prince de Sansevero, botaniste, entre autres...
Raimondo di Sangro (1710-1771) est un personnage exceptionnel.
Alchimiste et Grand Maître de la loge maçonnique napolitaine, érudit éclectique et audacieux,
philosophe et poète, naturaliste et anatomiste, astronome, mécène...
Sa légende noire nait d’une de ses plus incroyables découvertes :
la machine anatomique
lire aussi ici
Conservée dans la crypte de la chapelle riche en symbolique ésotérique qu'il fit édifier à Naples,
c’est un invraisemblable spectacle :
deux corps sans chair réduits à un système vasculaire pétrifié autour du squelette.
Un couple terrible à la dentelle réalisée selon une technique qui demeure mystérieuse.
Le liquide métallique introduit dans les veines se serait
si bien répandu dans la totalité du système veineux
qu’on soupçonna le prince diabolique d’avoir effectué son expérience
sur des personnes encore vivantes car seul un cœur encore pulsant
serait parvenu à le diffuser dans le réseau complet.
Comble de l’horreur : la femme était enceinte, et le fœtus
a été pétrifié par le système circulatoire de sa mère.
Où mon Sansevieria m’a-t-il emportée ?
Et là, soudain, je réalise que je ne me suis éloignée que pour mieux revenir :
réseau des veines
réseau des racines
Coq de bruyère de Galice
Cet automne mon œil affûté est attiré dans une brocante
par un petit bibelot (à 1 euro et 13,5 cm) qui se distingue
de ses minables comparses par
une façon très raffinée et une recherche stylistique puissante.
Sa signature me fait découvrir sur internet son origine galicienne (finistère espagnol)
et une fabrique de porcelaine très originale : Sargadelos.
Et voilà que le hors-série de janvier du Elle Décoration
présente justement la manufacture de porcelaine de Sargadelos.
Être ange
Composition minérale pour mystère de la nativité.
Ange de terre cuite (brocante)
et bougies oblongues (Habitat)
avec galets quasi sphériques (donc rares, des bords de l'Eyrieu)
sur fond de tôle piquée de rouille (trouvée à la campagne).
C'est l'antique minuteur dont se servait mon père pour développer ses photos
qui m'a servi pour mon décompte de Noël.
Je l'ai trouvé tel quel, bloqué sur le 25.
Chouette chouette
A 6 ans Niky a tout compris de la stylisation et de l’expression.
Il joue le bas-relief en exploitant creux et contrastes (yeux, pattes)
et le graphisme (bec)
Lego et son petit frère Duplo sont les rois des jeux.
J’en rapporte des kilos des brocantes car plus on en a
plus on a de possibilités de constructions, plus on a de plaisir.
Paillassomnambule
Trois ânes veillent de paille sur mon sommeil de plomb.
La déco de ma chambre ne m’aura pas mise sur la paille :
huile sur panneau offerte par le peintre (mon parrain)
voilage façon tulle fait maison (Marché Saint-Pierre)
chevet des grands-parents rapporté de la campagne,
pied de lampe trouvé sur le trottoir (devant la boulangerie où il a été porte-sucettes),
chapeau de lampe en ficelle (dépôt-vente),
ânes de brocante.





























