n°110
Archi beau
apercevoir toutes ces maquettes par la vitrine en passant devant Beaubourg
m'avait donnée envie d'en voir plus, un peu pour jouir du plaisir "maison de poupée"
je m'étais dit qu'un samedi soir je serai quasi seule à aller voir l'exposition Frank Gerhy au Centre Pompidou : erreur
compréhensible : entre les dessins, les vidéos et les maquettes, on se régale
pas la peine d'être architecte pour apprécier, apprendre, admirer
une leçon d'audace, une imagination et une technique enthousiasmantes
on croit assister à un tour de magie, depuis le crayonné étonnamment libre de l'architecte
à la complexité des projets rendue par des maquettes bouts-de-carton-et-scotch à l'heure de l'impression 3D
jusqu'au bâtiment filmé (quand il a été réalisé)
des maquettes riches et belles comme des sculptures
moi qui suis sensible à la création de la forme, j'ai eu de quoi réjouir mon oeil et mon esprit
des constructions délirantes, complexes, du brisé, du tordu, du froissé
ça bouge, il y a de la pertinence et de l'humour, mais surtout une liberté magnifique
c'est fou
quelle joie de créer, d'expérimenter, de repousser les limites, d'oser
de voir enfin son projet réalisé et investi par les petits humains qui viennent le visiter, y travailler, y vivre
d'apporter de l'art dans le paysage urbain
c'est réjouissant
Ciel bas
le prix Marcel Duchamp 2013 "l'Air du Temps" est exposé au Centre Pompidou
on entre dans le dos des nuages de Latifa Echakhch, ils composent alors un ciel d'orage
fabriqués comme des décors de théâtre ils sont suspendus et affleurent le parquet
c'est une très jolie installation pleine de poésie, un paysage à 2 faces, en 2 temps/temps
mais j'ai un peu de mal avec les petits objets autobiographiques déposés à l'arrière des nuages
ces souvenirs partiellement encrés de noir qui expliquent trop le passé qui/qu'on pleure
Oies & paons
Architectures intimes
ce soir chez Béatrice Soulié rue Guénégaud on vernissait le travail de Sylvain Corentin
dont les "improbables architectures" blanches, entre cabanes et palais,
s'étagent parfois comme des corps humains, surtout quand les pièces s'équilibrent sur 2 pattes
elles m'ont rappelée les architectures utopiques des hippies
mais aussi mes propres créations des années 90 (quand la ficelle crochetée n'était qu'un composant)
et les femmes-maisons de Louise Bourgeois
qui, elles, me font penser à l'affiche du film d'Andy Warhol et Paul Morrissey "Chelsea Girls"
et cette femme-maison de Bourgeois m'a renvoyée immédiatement à l'oeuvre d'Andro Wekua
qui a été choisie pour l'affiche d'"Inside" la nouvelle expo collective du Palais de Tokyo
affiche que j'ai vue dans le métro en me rendant au vernissage de Sylvain Corentin
Petites curiosités
Grand Marché de l'Art Contemporain
A part Pardini dont je connaissais le travail pour avoir exposée à ses côté l'an dernier, le Marché de la Bastille pour moi c'est zéro coup de cœur.
Qui paie montre.
Il y a souvent de la patience, parfois de la virtuosité, mais il est difficile de trouver un travail qui emporte (en précisant que je suis arrivée tard et que des espaces était déjà fermés).
Que de ravages : de Basquiat mal digéré, de Klimt assassiné...
La naïveté des figures féminines criantes de couleurs qui se veulent sans doute fraiches et me donnent envie de foutre le feu, et les petites bonnes femmes en bronze qui me font penser aux crottes de chiens : je n'en peux plus !
Le Marché, c'est quand il ferme qu'il est le plus beau : un stand vidé peut être si intéressant, une allée déserte sous la pluie, émouvante.










































