Perrotte
Je suis passée au vernissage de Simone Perotte Galerie Quincampoix.
Sur des plats, des vases et des tasses, des animaux sgraffités, mais pas que. Des pastilles qui pétillent et des feuilles qui flammèchent, sur des formes très très douces.
L’œil découvre et la main veut caresser.
Et puis, dans le si joli passage Molière, un verre de blanc frais à la main, c'est l'occasion de discuter avec Pierre et Gérard, galeristes passionnés, et avec Agnès Debizet, artiste passionnante.
L'incrust
Le corps du n°111 est terminé
J'ai un peu chargé le n°111 qui a perdu en route la légèreté qui lui permettait des poses gracieuses (que le n°112 à venir saura adopter).
En revanche il a gagné en force et peut se cambrer en belle posture.
Le n°111 est un œil avec écoulement lacrymal.
Maintenu pour le moment par des épingles, son corps de fil de lin cru crocheté en 1 seul fil ininterrompu (sans coupe ni ajout) est achevé et va être lié par du fil de lin blanc.
Commerce
Fond perdu (ou pas)
En marchant nuitamment dans Paris comme à mon habitude, j'ai trouvé ce plateau de table sur le trottoir qui attendait la benne à ordures. C'est pas du formica mais du bon vieux linoléum. J'adore. Je trouve qu'il fait un fond intéressant au n°110.
J'ai pensé un moment clouer "Eux (émoi)" dessus, mais je ne le ferai pas, il est trop porteur de sa propre histoire, d'un charme nostalgique.
Brut de talent
Je suis allée voir la collection d'art brut de Bruno Decharme à la Maison Rouge.
Juste un premier aperçu, car il y a là trop de richesses pour être apprécié à la sauvette. Que de surprise, de mystère, de volonté, de rêve !
On est capté par un dédale de pièces dans lesquelles on est confronté aux mondes chargés des artistes hors convention.
On papillonne, comment faire autrement quand il y a tant à voir ? et quand on s'arrête pour plonger dans une œuvre, on a des vertiges. Ce sont là des abîmes qui nous interpellent, nous interrogent, nous plongent dans d'étonnants remous où l'humanité dans son énigme produit avec acharnement des systèmes plastiques pour tenter de vivre avec le chaos.
L'indifférence est impossible. C'est FORT et souvent très beau.
Je ne suis pas près d'oublier le cavalier noir de Havlicek, le pistolet en bois de Byam, les planches anatomiques de Plny, les fillettes en guerre de Darger (!!), les avions pour sauver les hommes de Georgi.
C'est inventif, obstiné, inquiet, farfelu, bouleversant.
Etat d'atelier au 15 novembre 2014
Le n°111 (en cours) marche aussi très bien façon cage thoracique, en relevant en symétrie les 2 parties de son embranchement de part et d'autre sa tête/son cœur.
Le n°110 accroche ses yeux à des petits supports pour pouvoir regarder ce qui se trame.
On est dans une anatomie fantasmée de l'humaine condition.
J'ai repris le fil continu pour pénétrer le labyrinthe du n°111
De progressions en circonvolutions, de tours en demi-tours,
j'avance dans son dédale de mailles et mon cheminement lui donne corps.
C'est toujours un problème qui me fait faire un grand pas sur mon chemin artistique. En lui trouvant une solution je trouve aussi un enrichissement.
Passée par le n°82 qui tentait d'échapper à la symétrie, par le n°95 dont j'avais dû fusionner une queue qui m'échappait, par la vrille du n°97 découverte par le hasard d'une suspension incomplète, par la désobéissance du n°101 qu'il m'a fallu lier, j'arrive au n°111 avec une poignée d'épingles pour mettre en forme son embranchement.
Ce faisant je peste contre la longueur de son pédoncule. Or après avoir lié ses branches voilà qu'il me reste 1 épingle tout juste. Zut : j'aurais tant aimé que le hasard m'ait fait prendre le nombre exact d'épingles. Ce sera donc cette épingle qui va joindre comme tout naturellement la queue à la tête et former ainsi une coque qui me ravit. L'épingle surnuméraire à trouvé son emploi, la longueur du pédoncule devient un atout.
Une façon d'occuper mieux l'espace tout en révélant toutes les facettes de la pièce, l'avant et l'arrière deviennent enfin des notions dépassées.



























