Délire pileux
Godillots
Abandonnée dans une remise de la maison de campagne,
une paire de vieux godillots qui semblent encore occupés.
Bon sang mais c'est bien sûr !
Hélène a raison qui dans son commentaire me rappelle Van Gogh et ses "Souliers"
"Dans l'obscure intimité du creux de la chaussure est inscrite la fatigue des pas du labeur. Dans la rude et solide pesanteur du soulier est affermie la lente et opiniâtre foulée à travers champs, le long des sillons toujours semblables, s'étendant au loin sous la bise. Le cuir est marqué par la terre grasse et humide. Par-dessous les semelles s'étend la solitude du chemin de campagne qui se perd dans le soir. A travers ces chaussures passe l'appel silencieux de la terre, son don tacite du grain mûrissant, son secret refus d'elle-même dans l'aride jachère du champ hivernal. À travers ce produit repasse la muette inquiétude pour la sûreté du pain, la joie silencieuse de survivre à nouveau au besoin, l'angoisse de la naissance imminente, le frémissement sous la mort qui menace."
Heidegger "Chemins qui ne mènent nulle part"
Des seaux à la pelle
Chapeau les bouchons
En jardinant je suis tombée sur de singulières pièces archéologiques :
les bouchons d’avant ceux à vis, les bouchons des bouteilles de vin ou d’eau,
qu’on découvrait une fois retiré l’opercule métallique.
Voilà des objets disparus dont le souvenir s’est soudain rappelé à moi.
On aurait dit des petits chapeaux, il en existait de plusieurs couleurs.
(J'ai connu une vieille dame qui en avait fait une portière en les enfilant à des filins)
Soleils roses

Plus pâles que celles de juin mais tout aussi spectaculaires,
les miraculeuses fleurs de l’Epiphyllum
s’acharnent à faire entrer un peu de gaieté dans le séjour
alors qu’un vent violent projette de grosses larmes grises sur les baies vitrées.
Du beau du bon du Baumann
Grâce à Ribambins qui m’a laissé un message,
j’apprends que mes petites chaises sont des Baumann !
La fabrique de meubles Baumann dans le Doubs
a été créée en 1901 et fermée en 2003.
Le bois courbé y a été une innovation qui a longtemps assuré son succès.
Ribambelles & Ribambins, un blog qui visite une enfance vintage mais pas seulement,
embarque dans une balade nostalgique et charmante
avec des illustrations et des découpages irrésistibles.
L’enfance côté papier et mobilier.
Champignon lumignon Bonton.
Des fleurs pour toujours
Retirées de la poubelle d’un cimetière dans les années 70,
deux fleurs "perles-de-verre sur fil-de-fer"
issues d’une couronne mortuaire.
Un travail vraiment magnifique qui rappelle les parures sud-africaines.
J'apprends ici que les perles viennent de Murano :
http://www.ethnologie.culture.fr/verre/objetsvoyageurs/perles/diaporama/index_xht.html
"Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, la France importe les perles de Venise pour la broderie, la passementerie, les accessoires mais également pour la confection de couronnes mortuaires ... La forme générale des couronnes était le plus souvent en forme de croix ou de losange. Mais il existait également des couronnes personnalisées ... des objets commémorant une activité prisée par le défunt (avion, bicyclette, bateau, etc.). L'enfilage des perles était confié aux femmes qui travaillaient à domicile. La technique consistait à fixer sur une forme en fil de fer rigide des fleurs et des feuilles en perles. Le caractère durable du verre, la finesse et la variété des décors ainsi que le peu d'entretien nécessaire, ont donné à ces objets de longs moments de gloire. Néanmoins, le coût relativement élevé de la fabrication, les changements de mode de vie et surtout l'arrivée des matières plastiques ont eu raison de cet artisanat. La production de couronnes en perles de verre s'est ainsi échelonnée de 1850 à 1960 environ."
Puis j'apprends que les femmes n'étaient pas seules à enfiler les perles de Murano :
Jean Genet, Notre-Dame-des-Fleurs, roman écrit en prison, en 1942.
"Avec ces mêmes perles dont les détenus d’à côté font des couronnes mortuaires, j’ai fabriqué pour les plus purement criminels des cadres en forme d’étoile."
Tout petit mobilier
Ma belle maison américaine
était aménagée avec le mobilier du fabricant.
En plastique rehaussé de doré, il accentue l’atmosphère cosy de la maison.
Seul survivant de la famille,
le jeune enfant éternellement en train de jouer avec un cube.
L’électronique a pris un sacré coup de vieux.














