Fumée courneuvienne
La vie aussi
je quitte l'île saint Louis par la rue Le Regrattier, dite" rue de la femme sans teste"
pour attrapper ma ligne de métro à Bastille, la 8, et rentrer directement chez moi
le chauffeur, un peu ému, nous annonce qu'on ne marquera pas l'arrêt à la station Reuilly-Diderot
"une personne étant en train d'accoucher sur le quai de la station"
on ralentit, et en passant nous voyons des pompiers, ici aussi,
tendant des couvertures de survie autour d'un petit groupe de personnes accroupies
La mort parfois
en longeant le quai d'Orléans sur l'île saint Louis, je remarque la navette d'un bâteau de pompiers
avant d'apercevoir un puis deux hommes grenouilles
ils plongent et replongent sans cesse tandis que le bâteau fait des zig-zags autour d'eux
manifestement on recherche quelqu'un dans l'eau froide de la Seine
je suis le manège un moment, une couchette attend son passager derrière la cabine
j'entends des vieux du quartier qui parlent d'un gars qui s'est jeté hier du pont
depuis on recherche son corps, poussé par les courants et les bâteaux des touristes
au bout du quai il y a un shooting pour des sandales : la cohabitation est plutôt étonnante
le photographe lance des "smile" aux filles qui sont distraites par les plongeurs
les touristes qui passent ne se doutent pas que leur bâteau-mouche entraine peut-être le corps d'un suicidé
tchin tchin
Clic clac
Notre-Dame
c'est toujours une belle émotion d'apercevoir Notre-Dame de Paris
souveraine
peut-être le meilleur mois pour l'admirer dans son écrin de feuillage tout neuf
une vraie carte postale du Paris romantique
je traverse le bras de Seine, je passe dans son dos, le temps change
au bout de l'île de la Cité, le square du Mémorial des Martyrs de la Déportation
l'île saint Louis voisine, ses quais, ses ponts, ses badauds assis au bord de l'eau
je passe le pont pour me balader sur l'île saint Louis, le vent se met à souffler
Da-End, le cabinet de curiosités, acte V
la noire galerie présente son 5e cabinet de curiosités garni par une pléiade d'artistes
beau, inquiétant, chic, surprenant, ludique
un theatrum mundi qui questionne l'humain, sa part animale, son temps limité
les beautés étranges, les mystères, le vivant et le mort, les métamorphoses
17, rue Guénégaud jusqu'au 2 mai : dépêchez-vous !
Deux vitrines rue de Seine
quand je passe rue de Seine je regarde toujours la vitrine de l'Artrium
de la céramique et du design, et en ce moment un magnifique (je crois bien) Pouchain
et à côté, à la bouquinerie de l'Institut, un chat très rigolo de Anna/Anton Prinner (1943)
Et en consultant le net pour en savoir plus, j'en apprends de singulières !
Cet(te) artiste hongrois(e) transgenre d'1m50, béret et pipe dans la bohème parisienne
(que Picasso salue d'un malicieux "monsieur Madame"), reste un mystère.
Le pont désastre
depuis le Pont des Arts on a une très belle vue sur Paris-sur-Seine
mais aujourd'hui, lui, on ne peut pas le regarder sans avoir le coeur serré
il est jeté aux vandales qui l'ont allourdi de leurs stupides cadenas, on fait craqué ses jolies grilles
puis ont graffité ses rambardes, badigeonné ses réverbères : ils se sont attaqués à tout !
c'est terrible, en quelques années il est devenu moche


































