Organe n°37 sort du bois
Les yeux de Léone
J'ai rapporté triomphalement de chez Emmaüs une chaise Napoléon III
en bois doré façon bambou (10 euros).
Une merveille de finesse.
Second empire ou pas ?
Un dessous piqué et un rembourrage avec crin de cheval attestent d'un âge certain.
J'ai vite arraché le tissus convenu qui l'affadissait.
Léone claquait mieux avec le tissus si audacieux du canapé "Austin Power"
mais il ne m'en reste (hélas parce que c'est vraiment un coup de cœur) pas assez.
Aussi l'ai-je revêtue d'un étrange wax à dorure de derrière les fagots
(le même qui occupe le dos du grand coussin en patchwork du canapé).
Or, dans la presse déco ce mois-ci ("Les plus beaux intérieurs" n°15) deux Léones bavardent :
Cet œil lourd de vice (ou très malade) me rappelle ceux de Hans Bellmer,
comme celui-ci qui fait la couverture d'un livre de Georges Bataille (non non, pas l'"Histoire de l'œil").
ou le regard d'Emmanuelle Seigner...
Quelque chose de malsain dans une pupille haut placée que recouvre partiellement la paupière.
Qu'est-ce ?
Un renvoi aux années d'enfance (celui de mes parents avait le col qui formait une boucle)
que m'a value une chine très 70 à Emmaüs
avec aussi un vase vraiment très chouette et des bois thermoformés
qui sont allés rejoindre une paire de plateau télé
acquis depuis longtemps en brocante spécial vintage (et qui servent souvent).
Bois jusqu'à plus soif
Bluffant
Les jambes en l'air

J'ai embroché une grosse écorce de chêne liège rapportée du maquis varois
sur le tronc d'un arbre mort
déjà couronné d'une plaque de tonneau trouvée dans les rebuts de la maison.
Ça m'a bien fait penser à quelque chose...




























