Le cercueil de petit papa Nono
Les Noëls de mon enfance avaient le visage inquiétant de ce petit père.
Chaque année il retrouvait sa place dans le sapin
d’où il me regardait en ricanant pour me flanquer une pétoche du diable.
Je le pensais issu d’un passé sans âge, en vrai contemporain des lutins des contes.
Il repose maintenant façon Blanche-Neige
dans un tout petit reliquaire vitré (de ma grand-mère, 7 cm de haut sur 7,5 de long),
accompagné d’une guêpe morte.
Bien fait !
Blanche-Neige de Kay Nielsen
Location saisonnière
En empilant mes pots j’en ai trouvé qui avaient un trou vraiment considérable.
Me rappelant qu’on pouvait en faire des nichoirs, je les ai percé
pour passer un fil de fer afin de les accrocher à la façade sud de l’atelier.
Et j’ai fiché à leur côté quelques tiges métalliques comme perchoirs.
J’attends maintenant des locataires.
(Depuis la fenêtre de la cuisine d'où je jette nos miettes.)
"Les désordres du plaisir"
“Regarder ailleurs
Il y a bien des manières d’aborder les œuvres d’art.
Du philosophe au marchand, du critique à l’historien, du conservateur à l’amateur.
Chacun ajuste son regard qui n’exclut pas les autres.
L’ensemble des objets réunis ici est l’effet du hasard.
Ils n’ont d’autre lien que la jouissance de l’amateur et reflètent les désordres du plaisir.
C’est dire le paradoxe d’exposer dans un musée ce qui lui est antagoniste :
les classements de l’histoire sont niés au profit du caprice.
Une institution exemplaire peut-elle accepter
cette bombe à retardement qui bafoue son organisation et menace ses principes ?
L’école buissonnière peut-elle triompher des rigueurs de l’histoire ?
A vous de jouir...”
Daniel Cordier
En passant impromptu au centre Pompidou, je tombe au niveau 4 sur
une exposition formidable : la donation Daniel Cordier.
C’est tout ce que j’aime.
Des objets de la nature et des cultures y conversent,
réunis par le plaisir sensible d’un homme curieux.
Hors fonction, hors savoir, l'objet se laisse découvrir par l’œil surpris et charmé.
Et c’est seulement dans le livret à l’entrée qu’on apprend, si on le souhaite,
que sur le 2e cliché il s’agit d’une plante didactique en résine,
que sur le 4e cliché il s’agit d’un masque d’abattage de chevaux début XXe,
que sur le 6e cliché il s’agit de pierres néolithiques.
Une exposition aussi éclectique que celui qui l’a fomentée, Daniel Cordier lui-même,
88 ans, grand résistant, compagnon de Jean Moulin, historien, marchand d’art
impliqué dès l'origine dans le centre Beaubourg par une importante donation
et... tuteur d’Hervé Vilard.
Il faut se dépêcher car l’exposition se clôt le 23 mars.
A Toulouse, au Musée des Abattoirs, d’autres curiosités de Cordier seront exposées jusqu’au 19 avril.
Et, puisqu’on est au Musée National d'Art Moderne, on monte au 5e
se plonger dans le mur des curiosités d’André Breton
après être passé s’ébahir des formidables sculptures de Giacometti
(qui n’a pas fait que des hommes qui marchent !).
Mais eux sont pensionnaires du musée et on a tout loisir de les visiter paisiblement.
Vanité blanche
Opportunément posées sous le grand miroir mural de la salle de bain,
une gomme qui crâne (Centre Pompidou)
et une petite tête féminine qui sourit (donnée par un brocanteur)
se font la nique dans un petit vide-poche
en céramique vintage de forme organique (ebay).
(Lierre sauvage dans rare cruche Accolay chinée)
Scarifications
Trophées d’enfance
Toilette de printemps
La bonne aventure
Chevet dédié à une chiromancie (merci à Sabg de m’avoir soufflé ce terme) de fantaisie
dans la chambre rouge où s’entrelacent lignes de vie et de nuit.
Cadre et tête de lit (pitchpin) du grenier, chevet ancien et chaise vintage de la maison
dessus-de-lit crocheté et lampe chinés,
couvre-pieds et coussins façon piqué achetés neufs (si !).
Main et main-tableau créées maison.
Sylvestre
Sylvestre est un petit nouveau dans le jardin,
c’est un pin qu’on a installé à côté du banc de pierre
et que je souhaite rendre tortueux en “travaillant” ses branches
(afin qu'il soit un peu spectaculaire),
jusqu’à tailler ses touffes d’aiguilles en nuages
(afin qu'il ne bouche pas la vue).
Il fait partie de mon petit projet paysager :
animer la perspective qu'on découvre du salon par une succession de plans,
depuis l’esplanade gravillonnée devant les marches jusqu’à la haie.
J'ai garni son pied d'une plaque de perce-neiges rapportés de dessous les ronces derrière la haie.
J’espère le voir grandir assez vite pour prendre une allure un peu plus majestueuse
avant que je perde moi-même toute majesté.










