SimCity dans mon bassin
Un an après son installation, le tout petit bassin a pris un peu de bouteille.
Les plantes s’y sont bien adaptées, aussi bien les iris venus du bord du Rhône
que les fougères et les plantes aquatiques venues de la forêt voisine.
Mais les tritons ont rapidement disparu
(retournés dans la forêt où je les avais pêché malgré la distance et l’incertitude
d’y trouver un trou d’eau qui de toute manière tarira à la belle saison)
et je m’étais résignée à n’y observer que quelques insectes aquatiques
dont l’amusante araignée d’eau.
Or, surprise, deux grosses grappes d’œufs globuleux flottent maintenant
à sa surface et de minuscules têtards commencent à en sortir.
Puis je surprends deux grenouilles brunes au museau pointu (Rana sylvatica ?)
(et un gros crapaud se baignant un soir).
Je suis ravie que des grenouilles soient venues spontanément,
mues par je ne sais quel instinct, s’installer dans un bassin pourtant pas facile d’accès
puisqu’il est surélevé par le muret de granit du pressoir.
Installation énigmatique qui me rappelle furieusement un jeu vidéo
qui m’avait scotchée (moins qui suis plutôt imperméable aux jeux) il y a 8 ans : SimCity.
Vous créiez une topologie puis des voies de circulation, des sources d’énergie
et des parcelles à construire, et lorsque les conditions de vie les satisfaisaient,
des habitants débarquaient spontanément et animaient votre ville de leurs va-et-vient.
C’était génial.
Là, le monde devenait plus stressant : les habitants se multipliaient
et créaient des tours d’habitation, devenaient gourmands en énergie et ce monde trop couteux
m’échappait alors et s’effondrait devant ma pitoyable gestion.
C’était affreux.
Combien de grenouilles pullulant dans mon bassin si chaque œuf éclot
et que le crapaud n’en gobe pas les frétillants têtards ?
Bonne pêche
Huile sur panneau de bois de Marcel Giraud dénichée chez Emmaüs.
Séduite par la façon habile et la sureté du pinceau, je l’embarque le cœur battant :
c’est une nature morte qui vit, si je peux dire.
Plus tard je retrouve sur internet une vente du même artiste
qui me confirme qu’il a une petite renommée.
Le beau poisson trône en majesté dans la cuisine de notre campagne,
entre une botte de poireaux et une assiette de raisin du grand-père d’Henri.
Gros rhodo
Réalité
Rêve
Floréal
Les arbres de la forêt n’ont pas encore développé les feuilles
qui vont bientôt raréfier la lumière dans le sous-bois :
c’est le moment des floraisons sauvages.
Si on n’y prend garde on piétine un délicieux petit jardin pour lutins.
Nous sommes aujourd’hui le 11 floréal CCXVII.
(Calendrier révolutionnaire par Fabre d'Eglantine, celui de “Il pleut, ile pleut, bergère”.
L’époque étant houleuse, elle la conduira tout de même à la guillotine)
Œufs de Pâques
Je découvre en taillant le rosier qu’un gros nid est calé dedans,
juste entre les fenêtres de nos chambres.
Malheureusement l‘oiselle, sans doute choquée par le claquement de nos volets,
a apparemment abandonné sa belle couvée.
En revanche, dans la haie, une merlette plus pugnace
se contente de sauter sur une branche plus haute
lorsqu'en passant je tends mon apn à travers l’entrelac des branchages
pour surprendre ses fragiles oisillons...
...dont voici les 4 premiers jours.
Des nids qui rejoindront ma collection lorsqu'ils seront abandonnés.
5 jours après, à notre retour à la campagne, nous trouvons nid tragiquement vide...














