Panorama Carol Rama
Le monde de l'art est-il friand de petites vieilles qui disent des horreurs l'air popote ?
Je suis allée voir l'exposition "La passion selon Rama" au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, curieuse et sans a priori.
Carol Rama est une héroïne à découvrir.
Carol Rama montre une grande délicatesse dans la description de l'obscène, elle est crue mais fine.
Ses sujets éclatés en morceaux vifs ou inertes, étendus aux prothèses, pénétrés, désirent comme ils fleurissent. Avec une forme d'innocence.
C'est souvent choquant, très riche, intrigant, gonflé. Le travail d'une personnalité forte et audacieuse.
J'ai pensé à Bourgeois, Fellini, Aloïse.
De Carol Rama dont je connaissais (depuis peu) les dessins crus et délicats, je ne m'attendais pas à aimer les caoutchoucs.
Des boyaux de vélos, chambres à air fabriquées par l'entreprise paternelle. Caoutchoucs et rustines aux infinies nuances de brun et de gris. Une matière formidable qu'elle emploie avec sensualité.
Quand elle manipule les boyaux familiaux, Carol Rame se montre joueuse et douce. De la peau, de la muqueuse, de la tripe, dans des compositions fortes, équilibrées, et émouvantes.





















































