Shocking
Le bouillant Mexique fait intrusion dans la paisible Normandie.
Rose shocking au mur et orange violent au sol se bousculent avec audace
dans le cabinet de la laverie où on a joué la surprise et le contraste.
Miroir bricolé (qui avec son support n’avait pas trouvé sa place),
lunette de toilette rose Carrefour, brocs, poubelle et distributeur de papier oranges de la maison.
Devant la fenêtre arrière de la laverie, un coin jeux de société
avec table, chaises et tabouret en formica rouge (ancienne cuisine d’Henri)
pour voir passer les vaches et guetter les chevreuils.
Poil à gratter
Avec sa fourrure sophistiquée, voilà une chenille remarquable
qui donnera peut-être un papillon tout à fait quelconque.
Il semblerait que celle-ci soit particulièrement urticante
et qu’il faille se garder de la soie de son pelage.
On a tous quelque chose du Muppet Show,
comme le fait remarquer PP dans son commentaire.
La chenille de l'Arctia Caja (l'Écaille Martre ou Écaille Hérissonne) qui deviendra :
Débordement massif

Trois printemps (2007-2208-2009 en photos) ont suffit à la pervenche
(récupérée dans un coin du jardin où elle végétait tristement depuis les grands-parents)
pour étouffer les autres plantes de mon petit bout de massif.
Pas de doute, elle se plait mieux par ici.
Je vais déménager les maigres survivantes
pour laisser la pervenche prospérer en savourant sa victoire.
Je bénéficierai ainsi d’une réserve de pervenches,
puisqu'elles se marcottent si aisément spontanément, pour en installer ailleurs.
Blancs confettis
Fleurs de pomme bourdonnant d’insectes.
Le plus grand de nos deux pommiers abrite la vieille tente où s’amusent les enfants.
L’autre pommier est taillé très différent et produit des pommes plus sauvages.
A chaque coup de vent une envolée de pétales qui viennent moucheter le gazon.
On croirait les confettis de quelques virginales célébrations.
La tête de l’Organe n°8
SimCity dans mon bassin
Un an après son installation, le tout petit bassin a pris un peu de bouteille.
Les plantes s’y sont bien adaptées, aussi bien les iris venus du bord du Rhône
que les fougères et les plantes aquatiques venues de la forêt voisine.
Mais les tritons ont rapidement disparu
(retournés dans la forêt où je les avais pêché malgré la distance et l’incertitude
d’y trouver un trou d’eau qui de toute manière tarira à la belle saison)
et je m’étais résignée à n’y observer que quelques insectes aquatiques
dont l’amusante araignée d’eau.
Or, surprise, deux grosses grappes d’œufs globuleux flottent maintenant
à sa surface et de minuscules têtards commencent à en sortir.
Puis je surprends deux grenouilles brunes au museau pointu (Rana sylvatica ?)
(et un gros crapaud se baignant un soir).
Je suis ravie que des grenouilles soient venues spontanément,
mues par je ne sais quel instinct, s’installer dans un bassin pourtant pas facile d’accès
puisqu’il est surélevé par le muret de granit du pressoir.
Installation énigmatique qui me rappelle furieusement un jeu vidéo
qui m’avait scotchée (moins qui suis plutôt imperméable aux jeux) il y a 8 ans : SimCity.
Vous créiez une topologie puis des voies de circulation, des sources d’énergie
et des parcelles à construire, et lorsque les conditions de vie les satisfaisaient,
des habitants débarquaient spontanément et animaient votre ville de leurs va-et-vient.
C’était génial.
Là, le monde devenait plus stressant : les habitants se multipliaient
et créaient des tours d’habitation, devenaient gourmands en énergie et ce monde trop couteux
m’échappait alors et s’effondrait devant ma pitoyable gestion.
C’était affreux.
Combien de grenouilles pullulant dans mon bassin si chaque œuf éclot
et que le crapaud n’en gobe pas les frétillants têtards ?
Bonne pêche
Huile sur panneau de bois de Marcel Giraud dénichée chez Emmaüs.
Séduite par la façon habile et la sureté du pinceau, je l’embarque le cœur battant :
c’est une nature morte qui vit, si je peux dire.
Plus tard je retrouve sur internet une vente du même artiste
qui me confirme qu’il a une petite renommée.
Le beau poisson trône en majesté dans la cuisine de notre campagne,
entre une botte de poireaux et une assiette de raisin du grand-père d’Henri.


















