Un peu de vert dans le noir et blanc
La-haut
Faire des structures en grillage quand on n'a pas d'atelier, c'est bien joli mais encombrant, d'autant qu'elles sont hérissées de pointes dangereuses.
Or me voilà avec une magnifique opportunité : engranger ma production juste au-dessus de là où elle prenait la poussière jusqu'à présent, sur la terrasse de l'immeuble.
Là, il y a une cabine technique désaffectée depuis que le chauffage individuel a été installé dans les appartements.
Génial, et il y a encore plein de place (et si on pouvait la débarrasser de tous ces engins inutiles, ça ferait une sacrément belle pièce avec une vue du tonnerre).
Mona Hatoum
Je suis allée voir le travail de Mona Hatoum à Beaubourg.
Je ne connaissais pas, même si j'en avais déjà croisé ça et là.
Je suis plutôt conquise (mais je me suis concentrée sur les installations et sculptures, peu sensible aux performances en général, et trop impatiente pour apprécier ses petits papiers).
une exposition bien dangeureuse à ce qu'il parait !
avec le temps tout repousse, même sur les sacs utilisés en temps de guerre
la force du métal et la fragilité du verre pour d'absurdes prisons
mettre la violence à distance en changeant les grenades en boules de noël
la carte d'un monde instable, en billes de verre juxtaposées
les objets du quotidien qui deviennent menaçants
là aussi, fragilité du verre et force du métal, vaine protection du berceau ou aliénation de la prison
le monde palpite, les villes des pays en guerre, sans cesse abimées et reconstruites
méfiance
l'ampoule monte et descend doucement, provoquant les oscillations des ombres projetées
une machine à peigner le sable, tantôt à grands traits, tantôt à petits
Un travail nourri de son expérience singulière de déracinée issue d'un pays en guerre.
La force du métal et la fragilité du verre. Les cartes d'un monde vibrant. La reconstruction comme une pulsation. La violence mise à distance.
C'est très structuré, exigeant. Positif. Avec une pointe d'humour, du jeu.
En fin de visite sont projetés des documents où on la voit et l'entend parler de son travail. Mona Hatoum est très sympathique, chaleureuse, primesautière même. J'ai aimé sa réflexion sur les accidents qui alimentent son œuvre et les choix qui s'imposent d'eux-mêmes dans sa vie, son rapport aux techniques, au travail manuel.
Un tour face à la Tour
Achevée
Grisant grillage
Interrompue faute de matière première, la nouvelle grande croix attendra que j'aille chez monsieur Bricolo pour connaitre son sort.
Pour compléter mon book à l'occasion de la 1ère exposition de mes grilles (qui vient d'avoir lieu au Chêne à Villejuif), j'avais produit ce petit texte :
"Intéressée depuis longtemps par les cubes et les croix, et par dessus tout par les croix composées de cubes, j’ai tenté à plusieurs reprises d’en crocheter.
Or le crochetage est irréductible au strict.
Pour satisfaire mon envie j’ai pris une pince à découper le métal et du grillage carré.
Mes cubes et croix sont ludiques mais dangereux parce que montés plaque à plaque grâce à l’enroulement de ces petits fils métalliques qui composent leurs carrés et que je découpe puis tords façon barbelés.
Enroulé pour la vente, le grillage conserve des traces de bombé, il est fin et malléable, jamais totalement plan.
Mes structures lui doivent un léger à-peu-près qui leur donne une vibration.
Je compose des cubes et des croix, mais aussi des parcours à la manière de dédales.
Compter les carrés ou compter les mailles.
Brillant autant que le fil de lin est mat, rigide autant que le fil de lin est souple, dur autant que le fil de lin est doux, le grillage est transparent, scintillant, d’une extrême nudité, il révèle ses vides, son mystère est de lumière.
Si le fil de lin est le nid, le fil de fer est la cage."
Dépôt de lin nuage de fer
Face à face dans le salon, mon expo aux 2 fils de retour à la maison.
D'un côté (le foisonnant), les sculptures en fil de lin.
Collées serrées. "Vertico", la "Peau...", la "Peur..."
De l'autre (le dépouillé), les sculptures en fil de fer.
En nuage. Dans lequel on devine cubes et croix sans distinguer les sculptures entre elles. Celles exposées au Chêne et celles restées à la maison.
2e jour d'expo au Chêne
Mon îlot vert sous la lumière qui varie au fil de la journée.
Je m'amuse à déplacer mes petites croix : un temps en équilibre sur la table, un temps en colonne au sol. Et à la demande, je les emboite dans les cubes que je détotémise. Oui oui.
Mais ce samedi est tranquille comme un mardi ; j'ai peu l'occasion de me griffer en faisant la démonstration de mon ingénue ingéniosité.































































