Décrochage

Décrochées de la galerie de Viroflay,
mes blanches créatures s'échouent au milieu du séjour.
Et je commence à me poser la question d'un lieu où entreposer mes sculptures
que je ne peux plus imposer à ma famille qui vit dans un appartement qu'elles envahissent,
que je ne peux pas compacter dans des cartons où elles se déformeraient.
Et je commence à rêver d'un lieu où les accrocher et où je pourrais les montrer tel un atelier-galerie.
Mais gratuit.
J'ai bien dit que je rêvais.
Transfusion
L'organe n°41 a eu faim alors que je me trouvais à cours de ficelle :
voilà l'organe n°28 appelé à son chevet pour opérer une transfusion de l'un à l'autre.
Voir diminuer l'un et augmenter l'autre est une expérience très agréable en réalité,
les mois passés depuis l'abandon de n°28
ayant estompé le dépit laissé par le temps de réalisation gaspillé.
n°41 consomme n°28 qui se consume
Transfusion ou...
dévoration
Organe n°28 ?
"L'aventure intérieure"
1 pelote (environ 88 mètres) de ficelle de lin
par étape de crochetage (environ 2 heures 40) photographiée.
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Pauvre n°28 arrêté en plein vol en mai 2010
dans l'attente du moment de lui crocheter une fin honnête.
Mais une mauvaise idée reste une mauvaise idée :
les mois ont défilé, emportés par des projets plus excitants.
L'aventure tourne court : n°28 ne sera jamais terminé.
Organe n°40
Trop tops !
Crâneur
Le musée qui fout le bourdon
Je suis allée au Musée d’Art Moderne pour voir les Basquiat.
Arrivée par les quais j'ai été frappée par l’état pitoyable du Palais de Tokyo :
poubelles dégorgeant de bouteilles, odeurs de pisse, statues graffitées,
jardinières en friche, palissades condamnant l’aile ouest...
Un beau bâtiment dans un bel endroit, devenu d’une tristesse poignante.
Passant outre la nausée provoquée par ce premier abord,
j’en ai profité pour aller voir la collection permanente que je ne connaissais pas.
Bonne surprise : c’est gratuit !
Mais une verrière sale et encombrée, des culs de sac partout
un choix d’accrochage curieux, des salles fermées,
des gardiens qui sentent le pâté...
Désolant.
Or, dans cet écrin sordide : des émotions, des découvertes, des chefs d’œuvres.
Léonard Foujita, le japonais qui n'a pas peur des poils !
Klein, pas Klein
L'inénarrable famille tyrolienne de Jean Fautrier ! (1922)
Faisant une nouvelle fois marche arrière dans le méandre malcommode,
j’arrive au moment ou une gardienne fatiguée revient de sa pause déjeuner
et rouvre une salle pleine de magnifiques Étienne Martin (offerts par L’Oréal).
Je suis fan d'Étienne Martin et prends mon plaisir malgré les plaintes de la gardienne et du pompier.
Au sous-sol, une enfilade de 3 salles occupées par Christian Boltanski
achève de démoraliser le visiteur le plus vaillant.
Heureusement, l’immense installation vidéo d’Inci Eviner (artiste turque invitée)
qui partage ce sous-sol est stimulante et requinque
avec ses jambettes et ses chiens qui s’agitent au rythme d’une musique prenante.
En sortant de la collection permanente qui sommeille dans sa poussière,
on est surpris par le monde qui attend pour voir les Basquiat (en ignorant le musée).
J’en avais assez dans les yeux et les pieds ; je suis repartie sans avoir vu l’expo.
Mais je conseille le musée qui est à découvrir (et à restaurer !) .
Triste, tranquille, mal foutu, exceptionnel, comme un navire échoué là après un temps plus glorieux.
Le saut dans le vide, de Klein (1960)






















