Plumes et eau
au parc de Bercy il y a des canards
qui partagent leurs bassins avec des tortues et des moineaux
que l'étonnante chaleur d'aujourd'hui pousse dans l'eau
mais la vedette incontestée du parc c'est ce bon vieux héron
qui s'y est installé spontanément il y a 15 ans (il peut vivre 25 ans)
et profite de poissons faciles en prenant la pose devant ses admirateurs
Roulé à l'orange
la recette pour ranger un sac de couchage sans qu'il encombre un placard
c'est de le rouler dans un tube de tissu cousu maison (un rideau trouvé chez Emmaüs)
pour en faire un traversin assorti au dessus-de-lit (fermé par 2 gros élastiques)
afin qu'il assure le confort du jeune lecteur habitant des lieux
et l'accueil de son copain quand il vient passer la nuit chez lui
Exposition buffet (pas Bernard)
une de mes sculptures en ficelle crochetée et mes assemblages en plastique noir
sont mis en vedette sur le buffet du salon
(grâce à mes fameux rangements je peux enfin choisir ce qui doit être accroché)
un assemblage de 8 coins en plastique translucide emboîtés les uns dans les autres
est venu discrètement compléter l'exposition buffet
Réfugiées climatiques
Que d'eau
Alina Szapocznikow
une des découvertes que j'ai faites à la fiac
Alina Szapocznikow, du corps à l’ouvrage
Artiste juive déportée, morte en 1973 à 47 ans, elle perd à 12 ans son père, atteint de la tuberculose, connaît les ghettos de Pabianice et de Lódz avant d’être envoyée avec sa mère à Auschwitz, puis à Bergen-Belsen, où elle reste dix mois. Ayant survécu à l’horreur, elle part s’installer à Prague, puis arrive à Paris en 1947, s’inscrit aux Beaux-Arts, rencontre César et Ryszard Stanislawski, qu’elle épouse en 1952. Entre-temps, elle a contracté la tuberculose et le couple est rentré en Pologne communiste. Ils divorcent en 1958, et Szapocznikow s’installe alors avec Roman Cieslewicz à Varsovie.
Thématique. A cette époque, Roman Polanski réalise un documentaire sur son travail. Dans la foulée, le critique d’art Pierre Restany, fondateur des nouveaux réalistes, remarque ses œuvres à la Biennale de Venise, en 1962, et décide de la soutenir. Il inaugurera d’ailleurs sa première exposition personnelle à la galerie Florence Houston Brown à Paris, en 1967. Etablie à Malakoff, elle commence à jouir d’une certaine reconnaissance alors qu’on lui découvre, en 1969, un cancer du sein. Elle expose aussi avec Christian Boltanski et Annette Messsager. Elle meurt le 2 mars 1973 et est enterrée au cimetière de Montmartre.
Cette trajectoire singulière sert de fil conducteur à l’exposition belge, qui rassemble 120 œuvres (90 sculptures et 30 dessins) déployées chronologiquement sur deux étages. Des premières sculptures figuratives et assez classiques jusqu’aux dernières, l’ensemble illustre à la fois la continuité thématique (le corps) de son travail et sa constante innovation dans la forme et les matériaux utilisés.
Mousse. La visite débute avec Age difficile, un nu féminin tout mince, en plâtre patiné, de 1956, et Exhumé, un bronze de 1957 figurant un corps tronqué. Mais, dès 1961, Szapocznikow réalise sa première œuvre en polyester et, l’année suivante, le premier moulage direct d’une partie de son propre corps, en l’occurrence sa Jambe.Il y aura la série des seins et des bouches lumineuses (à partir de 1966), lampes en polyester incrustées d’empreintes de lèvres vermillon et de tétons rosés, qu’on retrouve aussi dans un plateau en version Petit Dessert (1970-7971). Réalisée «par coulée en masse», une méthode expérimentée par l’artiste, cette série est la plus connue.
Entre-temps, et toujours avec cette volonté viscérale d’innover, elle s’est mise à incorporer des photos (notamment d’amis : Christian Boltanski, Fernando Arrabal…) dans du polyester translucide. En 1968, elle moule des ventres dans une mousse de polyuréthane. L’emploi de ce nouveau matériau industriel la rapproche des fameuses expansions concomitantes de César.
Ironie du sort, c’est au moment où Alina Szapocznikow réalise sa série Tumeurs qu’on lui découvre un cancer. Tronqué, déformé, meurtri, le corps hante et anime cette œuvre importante, située à la croisée du surréalisme, du pop art et du nouveau réalisme.
voir son travail
lire Il y a des artistes maudits
lire aussi Alina Szapocznikow, un corpus qui fait (un) carnage
Quelques tableaux vus à la fiac 2012
André Masson 1939
Frantisek Kupka (stable et mobile, séduisant et musical)
Mathilde Rosier (avec découpes oniriques)
Marcel Duchamp 1934 (dont les ready-made font oublier qu'il était un grand peintre)
Jean Arp (tellement en avance qu'il est encore moderne et excitant, hype hype)
Francis Picabia 1941 (une pin up de Cinémonde !)
Francis Picabia (on pourrait douter qu'il s'agisse du même peintre)
David Hockney (on dirait une suite au Picabia précédent)
Pablo Picasso (celui de 1972 à droite sent la mort)
Giorgio de Chirico (du temps où il avait de l'audace et de l'humour)
Jorg Immendorff
les jumeaux Gert et Uwe Tobias (de la beauté du laid)
je suis souvent lasse de la provocation (qui commence à dater) qui met en avant
la mort et le laid, mais ici on reste scotché par le traité, magnifique
Louise Bourgeois (simple et beau, fort et vibrant,
comme une cartographie du lien avec voie lactée et tension du sang)
Quelques dessins vus à la fiac 2012
Pablo Picasso (le taulier)
Salvador Dali (le débridé)
Fabien Merelle (le virutose)
Victor Brauner 1941
Hans Bellmer 1945 et 1953 (ah la la, ce dessin ! splendide et mortifère)
Jean-Michel Basquiat (oui, salut aussi !)
Kiki Smith 2008 (une découverte pour moi, dans la lignée de Bourgeois, elle
touche à tout, c'est souvent un peu douloureux mais beau, empreint de poésie et de force)
Roland Topor 1993 (vraiment sympa)
Elizabeth Peyton 2005 (Patty Smith)
Claudio Parmiggiani 2005 (réalisé avec de la fumée : ouffa !)
Quelques sculptures en tissus vues à la fiac 2012
Liang Shaoji (un grand disque de soie qui se soulève au moindre déplacement d'air)
Didier Faustino 2012 (un grand format sous vitrine)
(alimente ma réflexion sur la préservation des oeuvres de la poussière, et du contact)
Annette Messager (du filet de pêche sur armature en fil de fer)
je ne suis vraiment pas fan des artistes sentencieux et de leurs messages
en quoi seraient-ils détenteurs légitimes d'une leçon de morale à nous administrer ?
mais là ça me va, c'est rigolo même si ça ne casse pas trois pattes à un canard
Nicola L.
Nicola L. 1970 (l'occasion de découvrir son travail dont je connaissais certaines pièces)
Alighiero & Boetti tissé par Mimmo Paladino 1989







































