mardi 22 septembre
Les morts ne tricotent plus
Garanti infanable.

Un bouquet d'aiguilles à tricoter (famille)
dans un lourd vase de cimetière (Emmaüs) irrenversable.
(infanable et irrenversable sont des mots qui n'existent pas, c'est bien embêtant)
lundi 20 juillet
L'opportuniste
"Le rat et la grenouille"
FABLE 
Un malheureux rat étant mort, étendu au bord de l'eau
Une grenouille fort ronde à son côté, mon attention attira.
Le veille-t-elle ? Le pleure-t-elle ? Quel touchant tableau.
Que nenni. Foin du charabia.
Lorsque d'un élan rapide et élastique
Je la vis vers lui bondir et déglutir illic'
je compris qu'opportuniste, le batracien malin profitait
des bonnes mouches que la mort, pour lui, attirait.
a) pardon M. de La Fontaine pour cette fable de guingois
b) voyez ces deux mouches encore vives sur le dos du rat
mercredi 24 juin
...
samedi 30 mai
Abeilles : sad end
Les abeilles sont espèce protégée.
Il faut une situation particulière pour pouvoir faire intervenir
un service sanitaire au lieu d'un apiculteur.
L'essaim s'était installé dans des combles inaccessibles
et c'est le cœur serré qu'on a du le faire détruire.
dimanche 17 mai
Somewhere over the black rainbow
Punie par son inconséquente gourmandise,
Dothy-la-souris n’a pas pu ressortir de la grande poubelle
qui réunit nos sachets d’ordures sous l’appentis de l’atelier.
On sent dans son attitude la déception et le découragement.
On sent aussi la décomposition en ouvrant la poubelle :
petit corps, grande odeur.
Mais où ai-je donc déjà vu ce genre de concentrisme ?
Dans notre chambre, pardi !
De la campagne (au fond de la poubelle) à la ville (dans la chambre des parents)
en passant par la Metro Golwyn Mayer (Victor Fleming "Le magicien d'Oz" 1939).
samedi 07 mars
To be then not to be
Je me suis toujours interrogée sur les cadavres des grands animaux de la forêt.
Crâne de chevreuil.
Où meurent les cerfs et les sangliers ?
Que deviennent ces gros corps en décomposition qui doivent vite atrocement puer ?
Je ne suis jamais tombée sur un corps lors de mes errements en forêt.
A peine sur quelques menus ossements...
Pourtant : ni hyène ni vautour.
Quel charognard pour faire disparaître ces kilos de chair, cette peau épaisse, tout ce sang ?
lundi 02 mars
Beuark et couic
Curieux ça de mourir en tirant sa trompe avec ses pattes...
...à moins, à moins que ça ne soit à cause du poison
qu’Henri a été contraint d’employer pour nous débarrasser de l’essaim
malencontreusement installé sous le toit, juste au-dessus de la fenêtre des enfants.
On dirait Woody Allen qui joue un ragtime à la clarinette.
«Le jazz New Orleans fait toujours inexplicablement résonner quelque chose en moi.
C'est comme prendre un bain de miel.»
Nous y voilà, la boucle est bouclée !
mardi 27 janvier
Le prince de Sansevero
Le Sanseveria tient son nom d’un aristocrate italien du XVIIIe
Raimondo di Sangro, prince de Sansevero, botaniste, entre autres...
Raimondo di Sangro (1710-1771) est un personnage exceptionnel.
Alchimiste et Grand Maître de la loge maçonnique napolitaine, érudit éclectique et audacieux,
philosophe et poète, naturaliste et anatomiste, astronome, mécène...
Sa légende noire nait d’une de ses plus incroyables découvertes :
la machine anatomique
Conservée dans la crypte de la chapelle riche en symbolique ésotérique qu'il fit édifier à Naples,
c’est un invraisemblable spectacle :
deux corps sans chair réduits à un système vasculaire pétrifié autour du squelette.
Un couple terrible à la dentelle réalisée selon une technique qui demeure mystérieuse.
Le liquide métallique introduit dans les veines se serait
si bien répandu dans la totalité du système veineux
qu’on soupçonna le prince diabolique d’avoir effectué son expérience
sur des personnes encore vivantes car seul un cœur encore pulsant
serait parvenu à le diffuser dans le réseau complet.
Comble de l’horreur : la femme était enceinte, et le fœtus
a été pétrifié par le système circulatoire de sa mère.
Où mon Sanseveria m’a-t-il emportée ?
Et là, soudain, je réalise que je ne me suis éloignée que pour mieux revenir :
réseau des veines
réseau des racines
lundi 24 novembre
Méchoui empoissonné
En débarrassant le préau au bout ouest de la maison
d’un amas de vieux branchages piqués par les vers,
je découvre la momie d’un animal étrange, peut-être un furet.
Sa peau tendue est toute bleue : empoisonnement ?
Bêtement je le jette au feu sans penser à le photographier d’abord...
mercredi 12 novembre
Complètement zinzinc
Moi aussi j’ai voulu mon coin zinc.
J’ai donc réuni tout ce que la maison m’a proposé en zinc
en espérant une sorte de jardin d’eau et une réserve pour le petit arrosage.
Placés contre le mur sud du fournil sous la pente d’un toit sans gouttière,
les récipients recueillent l’eau de pluie.
Mais la violence de la tombée des eaux a mâché les plantes flottantes.
Et un beau noyé m’attendait au fond d’un seau pour me reprocher ma lubie.











