vendredi 23 octobre
La foire
Fiac : foire aux vanités, mais pas seulement.
L'occasion de visiter sans façon une galerie incroyable et de s'y régaler
(entre deux haussements d'épaules).
Quelques unes des merveilles
qui justifient le temps passé dans la file d'attente et le prix terrible du billet.
La plus belle œuvre étant le local, ahurissant de beauté :
l'immmmense palais de verre.
(suivi d'une nocturne au Louvre, c'est autre chose que Porte de Versailles)
dimanche 15 mars
"Les désordres du plaisir"
“Regarder ailleurs
Il y a bien des manières d’aborder les œuvres d’art.
Du philosophe au marchand, du critique à l’historien, du conservateur à l’amateur.
Chacun ajuste son regard qui n’exclut pas les autres.
L’ensemble des objets réunis ici est l’effet du hasard.
Ils n’ont d’autre lien que la jouissance de l’amateur et reflètent les désordres du plaisir.
C’est dire le paradoxe d’exposer dans un musée ce qui lui est antagoniste :
les classements de l’histoire sont niés au profit du caprice.
Une institution exemplaire peut-elle accepter
cette bombe à retardement qui bafoue son organisation et menace ses principes ?
L’école buissonnière peut-elle triompher des rigueurs de l’histoire ?
A vous de jouir...”
Daniel Cordier
En passant impromptu au centre Pompidou, je tombe au niveau 4 sur
une exposition formidable : la donation Daniel Cordier.
C’est tout ce que j’aime.
Des objets de la nature et des cultures y conversent,
réunis par le plaisir sensible d’un homme curieux.
Hors fonction, hors savoir, l'objet se laisse découvrir par l’œil surpris et charmé.
Et c’est seulement dans le livret à l’entrée qu’on apprend, si on le souhaite,
que sur le 2e cliché il s’agit d’une plante didactique en résine,
que sur le 4e cliché il s’agit d’un masque d’abattage de chevaux début XXe,
que sur le 6e cliché il s’agit de pierres néolithiques.
Une exposition aussi éclectique que celui qui l’a fomentée, Daniel Cordier lui-même,
88 ans, grand résistant, compagnon de Jean Moulin, historien, marchand d’art
impliqué dès l'origine dans le centre Beaubourg par une importante donation
et... tuteur d’Hervé Vilard.
Il faut se dépêcher car l’exposition se clôt le 23 mars.
A Toulouse, au Musée des Abattoirs, d’autres curiosités de Cordier seront exposées jusqu’au 19 avril.
Et, puisqu’on est au Musée National d'Art Moderne, on monte au 5e
se plonger dans le mur des curiosités d’André Breton
après être passé s’ébahir des formidables sculptures de Giacometti
(qui n’a pas fait que des hommes qui marchent !).
Mais eux sont pensionnaires du musée et on a tout loisir de les visiter paisiblement.
jeudi 04 décembre
Federico Felllini
Ses films me transportent et m’éblouissent. Et me touchent.
Il a raconté l’Italie et l’enfance, le désir et l’effroi comme personne.
Un grand menteur comme il aimait se qualifier lui-même,
qui approchait la vérité avec des circonvolutions étourdissantes de pertinence.
Fantaisie, ivresse, bonheur de conter et sens du tragico-comique
se télescopent dans des films excessifs et incroyablement raffinés
dans des torrents de sensations, de chocs et d’enchantements.
Fellini est un grand peintre qui a créé son propre style
et fabriqué ses couleurs pour réinterpréter la réalité
avec la force du rêve (du cauchemar) et de l’imaginaire.
Peintre de la beauté grotesque et de la bouffonnerie inspirée, de l’absurde, du morbide...
Un ogre inventeur foisonnant et rigolard du sublime accolé au répugnant.
Un regard singulier et sensible, une force narrative qui embrasse
les petites choses vues en grand et les personnages hors norme.
Il s’approprie le monde en le colorant de magie et d’audace
avec une réjouissante indépendance face à la vérité ou au bon ton.
mercredi 17 septembre
Mélina Mercouri

Une lionne hors gabarit dont la liberté bouscule les conventions.
Son feu réjouit et effraie dans le même temps.
Vamp à l’allure tonitruante et au rire rocailleux,
elle enjambe ses
films d’une féminité puissante,
avec force oeillades et pli d’amertume
aux lèvres.
Ses chansons déchirantes disent la vie, le tourbillon et la Grèce.
Comédienne et chanteuse, puis ministre de la culture d’une Grèce renaissante.
mardi 03 juin
Qu’ils sont beaux avec leurs longues figures
peintre
Virginia Woolf
écrivaine
Frank Zappa
musicien
Jeanne Hebuterne
modigliani
musicien & écrivain
Françoise hardy
chanteuse
Roy Scheider
acteur
Yolanda Gigliotti dite Dalida
chanteuse
jeudi 14 février
Maurice Ronet
Au bel âge, ni jeune ni vieux, il fut un homme à l’incroyable sex-appeal.
Sous l’élégance, le bad boy palpitait, auréolé d’une lumière noire.
Juste assez tourmenté pour être un peu inquiétant.
Cette voix à la résonnance un peu métallique, frémissante, fiévreuse.
Le regard par en-dessous, la commissure des lèvres décrivant un demi sourire,
il était parfaitement irrésistible.













